dimanche 9 janvier 2022

 Bonjour chères lectrices et chers lecteurs (s'il y en a...),


Après 6 ans de silence, voici enfin les dernières nouvelles...J'ai continué mon activité de cours particuliers de Mathématiques à domicile jusqu'en Juin 2020, date à laquelle j'ai dissous ma SARL Henric-Maths pour prendre ma retraite (bien méritée?) et j'ai bien sûr continué à aller chaque année au Cambodge, pour voir grandir mes deux familles et voir leurs magnifiques maisons se construire.

Mais après un an de retraite, nouveau redémarrage: j'ai décidé d'ouvrir un restaurant cambodgien et japonais à Toulouse, solidement épaulé par le futur chef cuisinier et très grand ami. Le restaurant ouvrira début Février 2022, donc dans moins d'un mois, et s'appellera "Terroir du Cambodge". Pour avoir de plus amples informations, je vous laisse découvrir son site internet (fait maison, désolé pour la modeste qualité):

www.terroir-du-cambodge.com

Si vous êtes adepte de Facebook, vous pouvez consulter (et aimer, et partager...) sa page:

www.facebook.com/terroirducambodge


Au plaisir donc de vous accueillir dans votre nouveau restaurant cambodgien et japonais,

François Henric.

mercredi 30 septembre 2015

Mercredi 26 Août 2015.

Bonjour mes fidèles,  
Et oui, c'est déjà le dernier épisode de cette saison. Je suis actuellement en transit dans l'aéroport de Guangzou, en Chine et j'en profite pour vous relater les derniers événements.
J'ai passé quatre jours à Phnom Penh pour rencontrer les étudiants khmers de Toulouse, anciens et nouveaux. Nous avons fait quelques repas (voir photo) et j'ai rassuré un peu les nouveaux qui vont venir étudier en septembre, eux qui en général n'ont encore jamais quitté leurs domiciles familiaux. Les deux premiers jours, j'étais venu tout seul et j'ai dormi chez l'un d'eux (Bunheng, pour ceux qui le connaissent): quand Moni, Pheng, Samphors, Satya et Daviya m'ont rejoint, ils n'ont pas voulu dormir chez lui, malgré les offres insistantes de sa famille, car ils sont très gênés de passer quelques jours chez des "riches", même si ceux-ci sont très simples et amicaux.
J'en ai aussi profité pour visiter la nouvelle attraction et fierté du Cambodge: un magnifique pont à haubans (voir photo) qui enjambe le majestueux Mekong sur la route nationale (et future autoroute) qui relie Phnom Penh à Ho Chi Minh ville.
La très grande nouveauté de ce séjour à la capitale avec mes filleuls, ça a été la sortie au cinéma! C'est la première fois de leur vie qu'ils allaient au cinéma, pour en plus voir un film en 3D dans un beau complexe moderne situé dans l'immense centre commercial très luxueux, ouvert depuis l'été dernier (Aeon, pour les connaisseurs). Les enfants ont plutôt bien dormi, sur les beaux fauteuils très confortables, tout comme Pheng, malgré le son tonitruant de ce blockbuster américain! Moni a vraiment été emballé par cette séance, et son épouse Samphors a aussi aimé (le film, c'était "Ant-man", pour les connaisseurs). Nous recommencerons l'année prochaine, peut-être avec un film en 4DX (oui, ça existe: c'est 3D, plus les fauteuils qui bougent suivant l'action du film, plus des effets spéciaux dans la salle, genre odeurs, vents, fumée, chaleur, là aussi suivant les scènes du film...). C'est bon, le Cambodge est vraiment un pays (presque) développé!...
Pour terminer, quelque mots comme promis au sujet du bac, qui a eu lieu hier et aujourd'hui. L'année dernière, le taux de réussite s'est complètement effondré car au dernier moment le ministre de tutelle a décidé de stopper radicalement la corruption et les triches habituelles durant les épreuves! Les candidats étaient fouillés au corps avant d'entrer dans les salles, et les surveillants et professeurs étaient obligés de refuser les pots de vin qu'ils recevaient habituellement en échange des réponses aux exercices... Il y avait même la police qui formait des cordons de sécurité aux abords des lycées pour empêcher des personnes de lancer par les fenêtres les réponses aux exercices... Comme le taux avait spectaculairement chuté, le ministre a alors décidé de refaire une séance de rattrapage un mois plus tard, mais dans les mêmes conditions: il y a eu quelques reçus supplémentaires, et les recalés s'excusaient en disant :"comment voulez-vous qu'on ait le bac si on ne peut plus l'acheter?". Je vous le dis, le Cambodge est un pays (presque) développé....  
Sur ces paroles encourageantes, je vous donne rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle saison indochinoise,
Bises déjà nostalgiques,
Ta François.
Mardi 18 Août 2015.

Hello everybody,  
Un petit mail avec quelques photos pour vous signaler que j'ai de la visite. Robin M., le fils de deux d'entre vous, et sa copine Sandra nous ont rejoints depuis trois jours. À partir de ce soir, ils dorment même avec nous dans la maison de Moni. Ils ont installé leur tente-moustiquaire dans ma "chambre" (voir photo). Vous verrez sur ces photos trois repas avec eux: un chez Moni, un autre à Kampot, dans la rue, pour déguster des oeufs couvés, et un autre au bord de la plage de Kep, en compagnie de Pisal, un étudiant khmer qui a étudié à Toulouse il y a trois ans (il est venu avec toute sa famille pour passer une journée à Kep, pour se baigner dans cette mer très chaude, et surtout pour manger les fameux crabes de Kep). Vous verrez également Robin jouer au volley avec Moni et les habitués du terrain, surpris et contents de jouer pour la première fois avec un étranger (et un peu affolés par sa taille!). Vous le verrez aussi jouer de la guitare et de l'harmonica, et chanter, à la grande surprise des habitants de notre maison, ravis d'entendre en vrai un aussi bon chanteur. Comme peu d'entre vous le savent, je précise que Robin et Sandra voyagent pendant plusieurs mois (années?) à travers le monde, avec comme seul budget l'argent que gagne Robin en chantant dans les rues ou dans des bars et concerts, et que gagne Sandra en organisant des dégustations de chocolats locaux..
Aujourd'hui, avec Pheng aussi, visite de la petite grotte Phnom Chhgnauk (avec spéléologie pour tous sauf moi) et repas chez Pheng. Puis nous sommes allés au lac "secret" comme l'appelle les guides touristiques, pour nous baigner, mais le vent un peu fort (mais agréable) et la pluie nous ont permis de rester tranquillement assis sur notre bungalow au bord de l'eau. Et le soir, la femme de Pheng nous a préparé un très bon repas (curry de poulet, avec poulet de la maison), avant que nous passions la nuit dans la maison de Pheng entièrement entourée de magnifiques rizières, loin de toute route.  
C'est donc en nous souhaitant une bonne nuit que je vous abandonne jusqu'au prochain épisode.
Bises à toutes et tous,
Votre François.
Mercredi 12 Août 2015.

Soursdey,
  Oui, peu de mails cette année car je ne bouge pas beaucoup. Je suis encore chez Moni: nous n'avons pas voyagé, principalement pour des raisons financières. Depuis deux ans, j'ai vraiment moins d'élèves en cours particuliers et moins de revenus, et donc même si le niveau de vie est très bas dans ce pays, c'est encore trop cher pour moi de voyager avec mes filleuls et leurs familles. Et je préfère rester chez eux que de voyager seul. Nous avions prévu une excursion au Vietnam en bus (34 $ l'aller retour jusqu'à Ho Chi Minh ville) mais ce sera peut-être pour une autre année.
Mais je ne me plains pas du tout de rester ici, dans ces petits villages familiers. Avant mon départ (le 25 août), j'irai juste quelques jours à Phnom Penh pour rencontrer plusieurs étudiants khmers qui étaient avant à Toulouse et des nouveaux qui vont y aller en septembre. Pour information, cette année il y aura presque 100 étudiants khmers en France, bénéficiaires de bourses, Erasmus Mondus par exemple, dont une vingtaine à Toulouse.
Côté vie quotidienne, voir les photos ci-jointes. Je suis allé chez le coiffeur, dans sa bicoque de fortune: 20 centimes d'euros, pour un très bon résultat, rasage et coupages des poils de nez compris! Satya aussi y a eu droit, même s'il n'était pas d'accord. Vous verrez aussi les enfants de la maison qui organisent des combats de coqs (un peu.... violents), et mes deux étudiants qui viennent quasiment tous les soirs travailler les maths avec Lok Krou François (Monsieur le Professeur François). Le troisième étudiant que je vois l'après-midi est beaucoup moins régulier car il est souvent réquisitionné pour effectuer des travaux dans les rizières de ses parents: c'est le problème de beaucoup de jeunes ici, même s'ils vont à l'école, ils doivent aussi participer aux travaux domestiques. Par exemple, ils font eux-mêmes leurs lessives, à la main bien sûr.
Ce mail étant déjà assez long, je vous raconterai la prochaine fois pourquoi le taux de réussite au bac est passé de plus de 80% à seulement 20% l'année dernière!  
En attendant, je vous envoie des bises tropicales mais non caniculaires, Votre reporter François
Jeudi 30 Juillet 2015.

Bonjour chères et chers,
Voici quelques petites nouvelles et quelques photos depuis le premier épisode. Je suis encore chez Moni et sa famille. Chez eux, une grande première: nous avons maintenant un réfrigérateur! Petit certes (voir photo) mais c'est une grande rareté ici en pleine campagne. Il a coûté 140 dollars (un mois de salaire pour beaucoup de travailleurs). Côté météo, il pleut parfois mais pas très longtemps, et depuis trois ou quatre jours, pas une seule goutte. C'est cependant suffisant pour les vertes rizières dans lesquelles beaucoup de gens s'affairent (labourage avec maintenant des motoculteurs à la place des attelages d'animaux, arrachage des jeunes pousses de brins, pour les replanter de manière beaucoup plus espacée dans les grandes rizières auparavant vides). Côté "animations", vous verrez sur une photo que parfois de jeunes bonzes viennent devant notre maison pour faire la quête: c'est tout à fait normal, et cette fois c'est la grand-mère qui leur a fait une offrande et qui s'est agenouillée devant eux pendant qu'ils la bénissaient. Sur une autre photo, vous verrez un arbre à billets! Pour une cérémonie qui a eu lieu à la pagode Angsdok, certains personnes passent dans les maisons pour que les gens accrochent des billets sur des arbustes qu'ils portent et qui sont ensuite déposés à la pagode. Lors de cette cérémonie, j'ai fait la connaissance des respectables et "vieux" civils qui s'occupent de cette pagode (voir les cinq patriarches sur une photo...): ils étaient surpris et heureux de me connaître. L'un d'eux, 93 ans, m'a longuement palpé et ausculté, peut-être pour vérifier qu'il ne rêvait pas.... (voir photo). Sur d'autres photos, vous verrez les poissons et énormes calamars grillés que nous achetons parfois dans la petite station balnéaire de Kep (célèbre aussi pour ses crabes), et une petite mosquée: il y en a plusieurs au Cambodge, surtout dans notre province, et on croise quelquefois des musulmanes entièrement voilées de noir, de la tête aux pieds. Vous verrez aussi un de mes élèves de Toulouse, avec un de ses amis, venus faire du bénévolat au Cambodge pendant trois semaines, évidemment suite à mes conseils: je deviens un grand fournisseur de bénévoles pour ce pays! Pour ma part, je continue mes cours particuliers de maths et je m'améliore beaucoup dans le vocabulaire mathématique khmer. Vous verrez aussi l'échoppe de Samphors où elle vend des vêtements, avec un (presque vrai....) couturier.
Sur ce, je vais me doucher (voir photo de la "salle de bains" en plein air) avant de faire un autre très bon repas préparé par Samphors.
Bises campagnardes,
Ta François (ta= grand-père).
Lundi 13 Juillet 2015.

 Bonjour les amies et les amis,

C'est avec un peu de retard que je vous livre le premier épisode de cette onzième saison de mon séjour au Cambodge. Même si, quand je reviens ici, peu de choses ont changé, je suis toujours aussi émerveillé par les paysages qui m'entourent, heureux de retrouver les familles de mes filleuls, et encore novice dans la compréhension des mentalités khmères (mais je vous l'ai déjà dit, j'aime être perdu....).
Après avoir livré à Phnom Penh différents colis que des étudiants de Toulouse m'avaient donnés pour leurs familles, je suis maintenant dans la maison de Moni et Samphors, avec leur fils Satya, dans leur petit village au milieu des rizières, où je passe encore un peu pour un extra-terrestre. Samphors a toujours sa petite échoppe pour vendre des vêtements dans un marché situé à environ cinq kilomètres de la maison, et Moni a arrêté son travail d'animateur radio:il suit quelques cours d'anglais dans une université de Kampot, pour pouvoir ensuite travailler dans le tourisme. L'épouse de Pheng va aussi monter son échoppe pour vendre des vêtements, quand un nouveau marché à côté de chez elle sera complètement opérationnel. Pheng a lui aussi monté une échoppe pour réparer et laver les motos: il avait suivi une formation chez un réparateur (voir photo). Ils ont deux fils: Daviya (3 ans et demi) et Kana (1 an). J'irai habiter chez eux plus tard.
Et moi, que fais-je? Et bien, je me repose, je me promène un peu avec eux, je lis et j'ai réussi à trouver du travail (bénévolement, bien sûr)! Je donne des cours particuliers de maths à des élèves qui vont passer le bac à la fin du mois d'août. L'après-midi, au petit frère du supérieur de la pagode Angsdok (ce supérieur a arrêté d'être bonze il y a environ 5 mois, il a déjà grossi de 20 kilos et il est marié!), et le soir, à 2 ou 3 jeunes qui habitent à côté de chez Moni. Certains d'entre eux sont très bons et j'ai dû rebûcher un peu car à leur programme de terminale il y a des notions que je ne pratique plus avec mes élèves ou étudiants français (pour les connaisseurs: coniques, équations différentielles d'ordre 1 et 2, produit vectoriel et produit mixte de vecteurs). Je bûche d'autant plus que je révise sur des cours de maths en khmer! Et je leur fais cours en khmer aussi (faut aimer les challenges!).... Mais je peux dire merci à l'ancienne colonisation française car beaucoup de termes mathématiques sont en français.
Une dernière précision: sur les photos jointes, vous verrez que nous avons assisté à des combats de boxe khmère (bokator ou kun khmer) organisé dans un club monté par un français (c'est lui l'arbitre) et vous verrez que même les filles et les enfants très jeunes se battent comme des pros! Beaucoup d'ambiance dans le public, avec évidemment des paris d'argent (au Cambodge et en Asie, on ne joue aux cartes ou à des jeux sportifs qu'avec des mises en argent, même entre amis).
Sur ce, je vous laisse à vos occupations (vacancières, j'espère),
Bises même pas caniculaires,
François.

mercredi 27 août 2014

Mercredi 27 Août 2014. Bonjour toutes et tous, Voici donc le dernier épisode du feuilleton, en direct de Phnom Penh, d'où je décolle demain pour revenir en France.... Je vous avais donc laissés à Sihanoukville. Dominique et moi sommes revenus sur la capitale, avec une jolie surprise: le chef du département de Génie Civil de l'école d'ingénieurs de Phnom Penh, d'où proviennent la grande majorité des étudiants à Toulouse, m'a téléphoné pour faire ma connaissance (en remerciement de tout ce que je fais pour eux?). Ils nous a accueillis à l'arrivée du bus et nous a invités à manger dans son restaurant favori, français, avec entrée, plat, dessert et vin (ça faisait longtemps!). Puis il nous a amenés chez Bunheng, dans sa belle maison. Et le lendemain, ils nous a pris en charge pour une journée à la campagne: un de ses amis a acheté 120 hectares pour planter et commercialiser des épices et des légumes. Cette journée était une fête pour inaugurer sa plantation, donc il avait invité ses 200 ouvriers (et nous aussi) pour un grand repas (très bon!), des danses avec orchestre et chanteuses, et même une loterie avec plusieurs gros lots de 100 dollars et 20 dollars. Bref, beaucoup d'ambiance typiquement khmère! (Voir photo). Puis Dominique a pris l'avion pour rejoindre le monde occidental. Et j'ai retrouvé mes quatre amis toulousains qui revenaient de leur expédition, parfois mouvementée, dans la province reculée et montagneuse du Mondolkiri. Ensemble, nous sommes allés à Kampot, toujours en bus local, pour qu'ils découvrent les familles de mes filleuls. Et tout le monde a été enchanté de faire la connaissance de tous les autres! Les grands se sont très bien entendus entre eux, malgré la timidité khmère de mes filleuls, et les enfants ont bien joué ensemble. Nous avons surtout parcouru la campagne, en nous promenant au plus près et au milieu des rizières, chez Moni et chez Pheng (on a fait un très bon et très sympathique repas pique-nique chez Pheng, avec poulets attrapés, tués et plumés en direct, un rôti et l'autre en《soupe acide》). Puis sortie en bateau pour passer plusieurs heures sur une île presque déserte au large de Kep (appelée Île-lapin): trajet calme mais sous la pluie à l'aller, trajet sec mais houleux pour le retour! Ils sont aussi allés visiter la montagne Phnom Bokor, avec au sommet (1 000 mètres d'altitude) ses constructions modernes appelées paradisiaques(?) par les khmers, mais surtout avec ses anciennes constructions coloniales abandonnées et mystérieuses, et un superbe panorama sur la plaine, la côte, la mer et les îles. Bref, plusieurs jours très agréables dans cette belle province de Kampot. Puis retour en France pour eux, avec d'abord un très long trajet de bus de Kampot à Bangkok (oui, Bangkok en Thaïlande!). Et pour moi, derniers jours de repos dans mes familles adorées, avec achats (voir photo de Pheng sur sa moto), karaoke (voir photo prise chez Moni), derniers repas (voir photo de Pheng et Apeuw, où nous mangeons.... du chien), jours heureux mais un peu tristes aussi car ce sont les derniers avant l'année prochaine.... Sur cette bouffée de nostalgie, je vous embrasse toutes et tous, en vous disant à bientôt ou à l'année prochaine, Votre fidèle reporteur en pays khmer, François.

samedi 16 août 2014

Samedi 16 Août 2014. Bonjour tout le monde, Voici donc un autre épisode de votre feuilleton exotique, en direct depuis une sorte de petit village de Stroumphs installé sur le sable d'une très jolie plage de Sihanoukville (O'tres beach, pour les connaisseurs). Les bungalows sont des petites cabanes sur pilotis toutes rondes, en bois et murs de feuillages, où même le lit et les salles de bains extérieures sont ronds. Ça s'appelle《mushrooms guest house》! Voir photo jointe. Petit retour en arrière. Je vous ai laissés à Battambang, quand mes autres amis toulousains nous ont rejoints. Nous avons visité ensemble la campagne, notamment deux collines que nous avons (vaillamment) escaladées, pour admirer le paysage et un petit temple ancien (Phnom Banan, voir photo avec groupe de khmers) ou une pagode moderne (Phnom Sampeuw), en compagnie de nos amis Pheara et Pisal. Nous avons également dansé en plein air, dans un petit parc au bord du fleuve qui traverse Battambang: madisons plus ou moins rapides, et danses typiquement khmères. Bonnes petites suées malgré l'heure assez tardive (19h). Puis nous avons pris un bateau pour aller à Siem Reap: voyage toujours aussi surprenant et agréable, malgré les 9 heures de navigation. Le bateau suit d'abord le cours du fleuve, puis se faufile au milieu des champs et des rizières (voir photo), et enfin traverse le magnifique lac Tonlé Sap, uniquement sur une assez petite largeur. Avec, à mi chemin, un arrêt à un village flottant pour se restaurer un peu. À Siem Reap, visites à vélos des nombreux et toujours aussi extraordinaires temples d'Angkor, même à la 4ième visite! On a quand même pris un tuk-tuk (voir photo), à 6 personnes, pour aller visiter un autre très joli temple, Bantey Srey (voir photo), où André Malraux a autrefois volé de belles statues (lire《La voie royale》), et pour grimper sur une colline pour découvrir Kabal Spean, un jolie petite rivière dont le lit en pierres est sculpté de lingas et de bas-relief sacrés. Il y a également une jolie cascade dans laquelle on s'est tous baignés avec beaucoup de plaisir (la montée nous avait bien réchauffés). Autre grand plaisir à Siem Reap: un spectacle de cirque de l'école Phare Ponleu Selapak (basée à Battambang) qui a maintenant installé un beau chapiteau à Siem Reap, avec des spectacles tous les soirs. Celui que nous avons vu s'appelle《Éclipse》et était superbe: toujours autant de vitalité, de joies communicatives et d'exploits acrobatiques, avec une mise en scène très moderne. Ce spectacle se produira en France, et en Europe, aux mois de novembre et décembre (à ne pas rater, si possible). J'ai pu ainsi revoir avec beaucoup de plaisir certains artistes que je connais depuis plusieurs années. Puis, bus pour environ 9 heures sur une assez mauvaise route, pour aller à Phnom Penh. Dominique et moi n'y avons dormi qu'une nuit pour reprendre un bus le lendemain pour aller à Sihanoukville, la grande station balnéaire du Cambodge. Les quatre autres amis sont restés deux jours à Phnom Penh, avant d'aller explorer le Mondolkiri, province reculée et montagneuse, près de la frontière vietnamienne. Donc, pour nous, depuis trois jours: baignades, repas de poissons ou autres grillés sur la plage (voir photo), longues marches sur le sable blanc, farniente et même travail pour corriger un rapport de stage que m'a envoyé un étudiant khmer de Toulouse (voir photo). Et cet après-midi, bus pour revenir à Phnom Penh: demain soir, Dominique reprend l'avion pour rentrer en France. Normalement, je retrouverai les quatre autres amis pour aller passer quelques jours dans ma famille khmère à Kampot. Mais ceci sera une autre histoire.... Bises maritimes du futur guide professionnel, François.

dimanche 3 août 2014

Dimanche 3 Août 2014. Soursdey pouk ma, La grande nouveauté depuis le dernier épisode, c'est que mon amie Dominique m'a rejoint pour passer plus de trois semaines au Cambodge. Je suis allé l'attendre à l'aéroport, avec Bunheng et sa soeur, avec la voiture climatisée de sa soeur (quel luxe inhabituel pour moi!). Nous avons dormi dans la belle maison de Bunheng (qui, je le rappelle, a été étudiant à Toulouse il y a un an) et nous avons revu beaucoup de ces étudiants pseudo-toulousains, au cours de repas très bons et très sympathiques (voir photos). Et bien sûr, visites du palais royal, du musée national, de l'immense et tout neuf centre commercial très luxueux, balade le long du fleuve, un peu aussi dans cette ville si chaude et polluée et envahie de voitures, de motos, de personnes affairées. Puis direction Kampot! Ah, le bon air de la superbe campagne! Dominique a fait la connaissance de mes deux filleuls, Moni et Pheng, et de la famille de Moni. C'est bien, ils n'ont pas été trop timides comme eux-mêmes le craignaient et ils ont bien sympathisé. Avec eux, visites des rizières (un peu rapide cette fois), de Kep (baignade dans la mer), de《ma》petite pagode (voir photos). Et sans eux, excursion sur la montagne Phnom Bokor sous la pluie et dans le brouillard (mais intéressant quand même), balade en bateau sur la rivière de Kampot, repas dans les beaux restaurants touristiques (moi aussi, je découvre!). Puis retour à Phnom Penh juste pour une nuit (5 heures pour faire 150 km), pour reprendre un bus le lendemain pour aller à Battambang (6 heures pour 300 km, c'est merveilleux, mais glacial à cause de la clim). A l'arrivée, nous avons rencontré Pheara (un jeune musicien de Phare que je connais depuis 7 ans), Pisal (qui a été étudiant à Toulouse avec Bunheng) et, autre grande nouveauté, d'autres amis toulousains: Agnès, son mari Olivier, et deux de leurs enfants, Valenn et Adrien. Ils sont arrivés hier soir en bus et taxi depuis Bangkok (plutôt fatigués, vous vous en doutez!). Premier repas tous ensemble hier soir, puis aujourd'hui nous irons explorer la belle campagne autour de Battambang. Sur ce, nous allons prendre notre petit-déjeuner sur la terrasse située sur le toit de notre hôtel, en profitant de la belle vue et du bon air à la bonne température. Bisous du guide, François.

lundi 21 juillet 2014

Lundi 21 Juillet 2014. Bonjour les amies et amis, Voici un nouvel épisode de votre feuilleton estival. Depuis une semaine environ, je suis chez mon deuxième filleul, Pheng. Toujours à quelques kilomètres de Kampot, toujours au milieu des rizières, des vaches, des cochons, des poules et des canards. Pheng et sa femme ont donc deux enfants, Daviya (2 ans et demi) et Kana (4 semaines), que vous pouvez voir en photos devant leur maison. Leur maison est d'accès peu commode car il faut suivre, à pieds ou à moto, un étroit chemin de terre (maintenant plutôt boueux) coincé entre des rizières (voir photo avec la moto, et leur maison au bout du chemin): j'ai pris cette photo juste après que Pheng s'est renversé complètement dans la rizière de droite alors qu'il conduisait sa moto avec Daviya dessus! Ils n'ont eu aucun mal, heureusement, et la moto n'est pas abîmée car la rizière est remplie d'eau! Je marchais devant eux pour que la moto ne soit pas trop lourde. Quand je vous dis que la maison est vraiment au milieu des rizières! Aujourd'hui, je suis allé livrer mon gros paquet de vêtements d'enfants à une petite association à Kep, à environ 15 kilomètres de Kampot. Elle s'appelle Kep Children et est gérée par une française, Anne-Sophie. Les vêtements ont été fournis gratuitement par une autre association basée à Valence d'Agen, par l'intermédiaire de Véronique (merci beaucoup Véronique!). L'association s'occupe d'enfants le matin, trop jeunes pour être scolarisés, et de plusieurs familles du village en aidant d'autres enfants à aller à l'école publique. Sur une photo, vous pouvez voir le bonheur de ces enfants quand ils ont reçu les vêtements! Et sur une autre photo, vous pouvez admirer Anne-Sophie dans son périlleux exercice de ramassage scolaire! A part ça, baignade dans un lac, visites des environs toujours aussi《carte postale》, rencontre avec le père de Pheng dans sa maison isolée dans les collines (avec aussi un jeune frère et un oncle de Pheng, voir photos). Une grande nouveauté cette année: j'ai de la visite toulousaine! Dominique P., que certains connaissent bien, vient au Cambodge du 23 juillet au 18 août, et Agnès R., que certains connaissent aussi, vient avec son tendre mari Olivier et juste deux de leurs nombreux enfants, du 2 au 26 août environ. Bienvenue les ami(e)s, je vous attends! Je vais donc expérimenter mes talents de guide touristique, après avoir longuement pratiqué mes talents (?) de journaliste touristique. Sur ce, je dois quitter mon hamac, car le repas m'attend (ça sent trop bon!), Bises khmers et chaleureuses, François.

mercredi 9 juillet 2014

Mercredi 9 Juillet 2014. Voici quelques photos avec Moni, Samphors, Satya et Apeuw, le jeune frère de Samphors. Elles ont été prises au zoo (peu intéressant) et lors d'un pique-nique très sympa et très bon au bord d'une rivière (Teuk Chou), à côté de Kampot, puis lors d'un goûter d'après-midi avec des oeufs couvés dans Kampot, et à la maison de Moni durant le bain de Satya (baignoire économique!). Bises pluvieuses, François

dimanche 6 juillet 2014

Dimanche 6 Juillet 2014. Bonjour mes anciens et nouveaux lecteurs, C'est donc reparti pour une dixième saison de votre feuilleton estival. Çela fait déjà deux semaines que je suis au Cambodge. Je ne suis resté à Phnom Penh qu'une demi-journée et une nuit, le temps de rencontrer plusieurs personnes, connues ou inconnues, pour leur livrer tous les cadeaux que des amis khmers et français m'avaient donnés pour eux à Toulouse (merci Véronique, Mapie et Christophe!). Quand j'ai fait ma valise avant de partir, j'ai constaté avec grande surprise (et amusement) qu'après y avoir placé tous ces cadeaux, elle était pleine! Je n'ai donc pu prendre que très peu de vêtements et d'affaires pour moi: j'achèterai ce qui me manque ici, tout étant beaucoup moins cher qu'en France. A l'aéroport, j'ai retrouvé avec évidemment beaucoup de bonheur ma famille. Il y avait Moni, sa femme Samphors, leur fils Satya (qui ressemblait l'année dernière à un petit bouddha, et qui a maintenant un an et demi et qui est grand et nettement moins charnu), Pheng et son fils Daviya (âgé de deux ans et trois mois) et l'un des nombreux frères de Pheng, Saek. La femme de Pheng, Chanthy, n'est pas venue car elle a accouché d'un deuxième fils la veille de mon arrivée: j'ai donc maintenant trois petits-fils! Une chose surprenante (pour nous, mais pas pour eux): le bébé est resté plusieurs jours sans prénom, le temps que ses parents se décident! Je crois que maintenant il a un prénom à peu près définitif: Kana. De toutes façons, chacun utilise durant sa vie plusieurs prénoms, selon les personnes auxquelles il parle et selon les périodes de la vie: ce n'est pas fait pour me simplifier l'apprentissage! Je vais essayer de vous envoyer des photos de tout ce beau monde (et c'est vrai qu'ils sont tous très beaux). Depuis mon arrivée, je vis dans la maison de Moni. Pour rappel: petite maison en bois sur pilotis au milieu des rizières, avec électricité depuis un an (vive le progrès!) et toilettes à la turque (mais sans porte, elle a été arrachée par le vent) et sans eau courante (douche et cuisine avec l'eau de la mare voisine ou l'eau de pluie). A ce sujet, même si la saison des pluies a officiellement commencé, il pleut très peu souvent ici. Par contre, à Phnom Penh, j'ai vu (merci Facebook!), qu'il y a eu des inondations ces derniers jours. Parmi les grandes nouveautés, Moni et Samphors ont maintenant un travail (à part d'être un peu riziculteurs). Samphors a ouvert une petite boutique de vêtements dans un petit marché local, le long d'une route nationale. Elle achète des vêtements à Phnom Penh dans un grand marché pour les revendre un peu plus cher dans son échoppe. Et Moni est présentateur et opérateur dans une radio locale, Mongkol Sovann Radio: il anime deux ou trois émissions par jour, sept jours par semaine. Et ces boulots leur vont très bien et leur plaisent beaucoup! Côté divertissements: cure de plats et de produits quasiment introuvables en France (ou alors, beaucoup moins bons), comme les soupes acides, les potages de riz (bobor pour les connaisseurs), les oeufs de canard couvés (avec le foetus dedans) simplement bouillis comme des oeufs durs, les fruits comme le durian qui pue toujours autant et que j'adore comme seuls des asiatiques peuvent l'adorer, baignade dans une rivière, visite à la pagode Angsdok où j'avais fait la connaissance de Moni et Pheng et qui possède maintenant l'électricité grâce à mon magnifique don de 400 euros l'année dernière (don grâce auquel j'aurai une excellente vue lors de ma prochaine réincarnation, d'après le jeune supérieur de ce petit monastère). Et surtout repos, lecture et écriture, bien installé dans mon hamac sous la maison, bercé par le vent presque rafraîchissant et entouré de poules, canards, vaches, chiens et enfants. Le gros cochon d'environ 100 kilos est plus ou moins enfermé: il s'est quand même échappé la semaine dernière en semant la panique devant la maison et en renversant avec son groin le petit Satya qui se trouvait sur son chemin: grosse frayeur pour tout le monde, Satya n'a pleuré que 3 ou 4 minutes! C'est tout pour ce premier épisode (qui est déjà bien long, désolé), Je vous embrasse toutes et tous, Bon courage pour votre travail ou bonnes vacances (et retraites), François, alias Sochetra.

vendredi 30 août 2013

Vendredi 30 Août 2013. Et oui, dernier mail en direct de la gare Montparnasse où j'attends mon train pour rentrer à Toulouse. Les derniers jours se sont passés dans la maison de Moni. Rien d'exceptionnel ne s'y est produit, et pourtant ce fut très agréable et intéressant. Je ne me lasse pas d'observer la vie quotidienne de sa famille et des gens dans son village. C'est toujours pour moi une source d'étonnement, même si ça fait maintenant six ans que je suis immergé dans cette vie cambodgienne. Je l'ai dit plusieurs fois: je ne comprends pas tout ce qui se passe et tout ce qu'ils pensent, je pense que je ne comprendrai jamais tout, mais ça ne me gêne pas, au contraire ça m'intrigue et ça me plaît d'être ainsi un peu perdu et déboussolé. Ça me permet, entre autre, de relativiser beaucoup de choses, d'être peut-être plus philosophe et de profiter davantage de petits bonheurs que l'on néglige trop souvent. Seul fait vraiment notable de ces derniers jours: j'ai acheté deux vaches pour Moni. Ce n'est peut-être pas très poétique ou romantique, mais c'est très efficace et productif! Et pour finir, deux jours à Phnom Penh, avant mon départ, avec quelques achats au marché (psar O'russey pour les connaisseurs). La ville est redevenue calme après les élections, mais ça ne va pas durer car lundi l'opposition organise une grande manifestation, normalement non-violente: c'est sûr qu'elle sera très massive mais moins sûr qu'elle soit non-violente, car Sam Rainsy et de très nombreux cambodgiens de tous âges et de tous niveaux sociaux estiment que Hun Sen leur a volé leur victoire aux élections en truquant les résultats et les votes (situation extrêmement banale dans de très nombreux pays). C'est donc ainsi que se termine ce neuvième séjour dans mon autre pays. Je vous souhaite une bonne reprise, même aux chanceux retraités, et vous donne rendez-vous l'année prochaine pour la dixième saison de votre feuilleton estival et exotique. Votre fidèle reporter, François-Sochetra.

vendredi 16 août 2013

Vendredi 16 Août 2013. Oui, vous aimez ça! Alors: une photo avec les parents de Bunheng dans une pagode avec des enfants prêts à faire un spectacle, une photo avec Moni, son bébé et des étudiants lors de mon anniversaire, une photo du groupe de parents de Moni avec Pheng, sa femme et son fils, et des étudiants, lors de la visite de la "petite" montagne Phnom Bokor. Bises depuis la maison de Moni, François.

mardi 13 août 2013

Mardi 13 Août 2013. Hello everybody, sok sabay te? C'est depuis la maison de Pheng, en plein milieu des rizières, que je vous écris ce sixième épisode. Je suis revenu de Phnom Penh il y a six jours: en ce moment, quelques chars et autres véhicules militaires sont dispersés dans la ville, pour intimider la population qui risque de manifester très massivement car les résultats officiels des élections législatives donnent (évidemment) le parti au pouvoir gagnant, et l'opposition de Sam Rainsy déclare aussi avoir gagné. Le recours à l'ONU comme arbitre étant refusé par Hun Sen, une manifestation très populaire (et à très hauts risques) semble être la prochaine étape. Encore une affaire à suivre. Vous voulez un autre exemple de ce qu'est réellement la vie au Cambodge? Et sûrement aussi dans une grande majorité des pays dans le monde? Sok, le plus jeune frère de Pheng, âgé d'environ 15 ans, a été accusé à tort d'avoir volé et revendu une moto (alors qu'il ne volerait même pas 1 dollar à une personne très riche). L'accusateur savait évidemment que c'était faux, mais il a choisi Sok car son père est un homme plutôt inculte qui ne sait pas se défendre et qui est facilement impressionable. Sok s'est retrouvé menotté au poste de police, avec bien sûr la complicité des policiers, et son père a dû payer 500 dollars pour le libérer: et comme son père est très pauvre, un policier a même eu la "gentillesse " de le transporter en moto pour faire le tour de ses connaissances pour emprunter cette grosse somme! Depuis, il a remboursé cette somme en vendant (pas chers car dans l'urgence) quelques animaux. Et il avait tellement honte de cette histoire (en plus d'être victime) qu'il n'a raconté tout ça à son fils Pheng que plusieurs mois plus tard. Cambodge, appelé "Pays du sourire" mais aussi "Kingdom of wonders", Royaume des merveilles, ou plutôt des étonnements.... Autre chose, plus sympathique. A Phnom Penh, j'ai organisé une rencontre avec les nouveaux étudiants khmers qui vont passer un an ou deux à Toulouse: ils sont encore plus nombreux que l'année dernière, ils sont treize! Ma voiture va vraiment être trop petite! Ils arrivent entre le 27 août et le 10 septembre, de manière échelonnée: c'est mieux, je pourrai ainsi aller les récupérer à l'aéroport (sauf les premiers qui arrivent avant moi). Comme l'année dernière, ce sont des jeunes, entre 21 et 25 ans, qui sortent pour la première fois de leur pays (et de leurs familles! ). Je leur ai fourni des documents concernant Toulouse (plans du métro, du réseau de bus, du campus de l'université Paul Sabatier, de la navette de l'aéroport, et même un guide touristique très complet sur Toulouse et les environs) et j'ai essayé de calmer leurs inquiétudes, pour ne pas dire leurs peurs devant ce grand saut dans l'inconnu. J'aurais aimé rencontrer aussi leurs familles, encore plus angoissées qu'eux, pour les rassurer, mais ça ne s'est pas fait: j'ai juste rencontré par hasard une mère dans Phnom Penh qui a été ravie de faire ma connaissance et qui m'a remercié mille fois! Voici donc les événements de ces derniers jours. Ici, chez Pheng, lecture, balades, repos en regardant les gens travailler dans toutes les rizières qui entourent la maison (même les enfants, dès l'âge de 10 ans, sont mis à contribution, mais je vous rassure, eux aussi sont payés!...). Dans cette maison aussi, il y a maintenant l'électricité et des toilettes: ça change vraiment la vie. Et je leur ai fait découvrir le cuiseur de riz électrique et la bouilloire électrique: ça aussi, ça change leur vie! Sur ces paroles progressistes, je vous donne rendez-vous pour un prochain épisode, Bises même pas caniculaires, François.

jeudi 1 août 2013

Jeudi 1er Août 2013. Bonjour fidèles de l'été, Alors, ces élections législatives? Comme d'habitude, truquées et capables de mettre le feu aux poudres. Jusqu'à présent, le parti au pouvoir (le PPC de Hun Sen) dominait largement l'assemblée nationale avec 90 sièges sur 123. Et bien, malgré les nombreuses fraudes constatées, il se retrouve maintenant avec seulement 68 sièges et le principal parti d'opposition (le CNRP de Sam Rainsy) a obtenu 55 sièges! C'est déjà une belle victoire pour l'opposition et pour le Cambodge en général. Mais évidemment Sam Rainsy va essayer de tout faire pour rétablir la vérité et, s'il y arrive, gagner ces élections et prendre la place de l'inamovible Hun Sen! L'enjeu est donc extrêmement important et crucial pour les deux adversaires. Et le climat à Phnom Penh est plutôt tendu: pour l'instant, c'est assez calme (juste deux voitures de police qui ont été brûlées ...) mais certaines personnes ont déjà quitté la ville pour rejoindre leurs familles dans les campagnes (votre courageux reporter est encore à Phnom Penh, jusqu'à dimanche, je vous dirai pourquoi une autre fois). C'est calme parce que Sam Rainsy n'appelle pas à manifester: s'il le fait, des centaines de milliers de personnes défileront dans les rues et la situation dégénérera très vite! Pour l'instant, il parlemente avec Hun Sen et les nombreuses organisations cambodgiennes et étrangères qui ont été observateurs de ces élections: il a juste proclamé qu'il avait gagné les élections, ce qui est déjà une déclaration de guerre ... Donc, affaire à suivre et, peut-être, affaires à préparer subitement pour me réfugier au milieu des rizières de Kampot! Autre sujet. Les parents de Bunheng chez qui j'habite sont vendeurs de durians, le fameux fruit qui pue vraiment (et qui coûte cher) mais que maintenant j' apprécie beaucoup, après plusieurs années d'entraînement. Ils le vendent environ 1,4 € le kilo et ils en vendent jusqu'à 10 tonnes: donc ça fait 14 000 € de chiffre d'affaires! Oui mais, vous allez me dire, en combien de temps vendent-ils ces 10 tonnes? Et bien, ils vendent ces 10 tonnes en (accrochez vous ....) un jour! Oui, un jour! Bon, d'accord, parfois ils n'en vendent que 5 ou 6 tonnes. En fait, le père passe la semaine à Koh Kong, à la frontière thaïlandaise, pour acheter des fruits thaïs, expédie chaque jour un camion au marché où la mère travaille (voir photo) et où elle vend les fruits en gros à des vendeurs qui les revendront à l'unité. Je ne sais pas combien le père les achète, mais je pense qu'ils font au-moins 16 centimes de bénéfice par kilo, soit 1600 € de bénéfice brut par jour (il faut enlever les frais et les salaires des employés, mais ils sont sûrement peu élevés). Je n'ose même pas calculer quel salaire mensuel la famille a! Mais ça ne leur monte pas à la tête, toute la famille de Bunheng est simple et très sympathique. Son père a commencé à travailler en étant conducteur de petit ferry en bois permettant de traverser le Mekong et comme moto-taxi, et sa mère en vendant quelques fruits sur un tout petit marché, aidée de ses enfants. Et il n'y a que trois ans qu'ils habitent dans ce bel immeuble. Un jour, je les ai aidés dans leur travail, en comptant les billets de banque qui formaient un énorme tas au sol, au milieu du salon: recette de la journée en coupures ne dépassant pas souvent 1 €! Et c'est sur ces images dignes d' Oncle Picsou que je vous donne rendez-vous pour un prochain épisode. Bises à peine pluvieuses et non caniculaires, François.

vendredi 26 juillet 2013

Vendredi 26 Juillet 2013. Hier soir: repas avec des étudiants dans un centre commercial moderne (et propre!), avec vue sur le Marché Central (belle construction de l'époque coloniale) et sur les gratte-ciel de plus en plus spectaculaires qui poussent à Phnom Penh comme riz pendant la saison des pluies, puis soirée karaoke typique (même moi j'ai chanté, "Alors on danse" de Stromae, et "Another brick in the wall" des Pink Floyd: Phnom Penh est une ville moderne!). Maintenant, je vais travailler avec Vuthy sur un article de la Revue Française de Sociologie: ce n'est pas étonnant qu'il ait du mal à comprendre ce texte! Bises, Prof. Sochetra.

jeudi 25 juillet 2013

Jeudi 25 Juillet 2013. Un peu de politique (je prends des risques ici!). Sam Rainsy est un homme politique khmer qui est le principal opposant à l'actuel premier ministre qui s'appelle Hun Sen: je vous rappelle que le Cambodge est un Royaume dont le roi actuel s'appelle Norodom Sihamoni, fils de Norodom Sihanouk qui était très connu et toujours adoré par tous les khmers (il est décédé en novembre dernier et ce fut un immense événement triste pour tout le pays avec des commémorations absolument incroyables pendant plusieurs jours). Il n'y a donc pas de président et le premier ministre est l'homme fort du pays. Même très fort en ce qui concerne Hun Sen, qui est au pouvoir depuis plus de 20 ans et qui est le maître du pays, contrôlant tout (armée, finances, justice, entreprises, ...) avec l'aide de ses amis et de sa famille. Évidemment, peu de libertés d'expression et beaucoup de corruption. ... Il a d'ailleurs fait condamner son principal opposant, Sam Rainsy, à 11 ans de prison, il y a 4 ans, parce que celui-ci a déplacé physiquement une borne frontière entre le Cambodge et le Vietnam (c'est vrai, quand même, que c'est une drôle d'idée de faire ça!). Pour échapper à la prison, Sam Rainsy s'est donc exilé en France depuis 2009. Mais dimanche 28 prochain, il y a des élections législatives au Cambodge, comme tous les 5 ans. Et le roi a accordé sa grâce à Sam Rainsy pour qu'il puisse revenir ici avant ces élections. Et il est revenu vendredi dernier: il a dû mettre 5 heures pour faire les 10 km qui séparent l'aéroport du centre ville, debout à l'arrière d'une voiture, accueilli par environ 1,5 million de personnes, le long du trajet, devant lui et derrière lui, fous de joie de le revoir après ses 4 ans d'exil! J'y étais, avec beaucoup d'étudiants qui le soutiennent, j'ai pris des photos et des vidéos et il est passé juste devant moi, à 3 ou 4 mètres. C'était absolument incroyable de voir toute cette effervescence: la seule autre fois où le pays a connu de tels rassemblements, c'était justement pour le retour de la dépouille de Norodom Sihanouk qui est mort en Chine et qui a bien sûr était incinéré à Phnom Penh. Et depuis vendredi, tous les jours, d'immenses cortèges sillonnent la ville (déjà que c'est le bordel en temps normal!), pour son parti mais aussi pour le parti de Hun Sen qui met les bouchées doubles: c'est sûr que Hun Sen va être réélu (corruption oblige), notamment grâce aux votes dans les campagnes où les gens ont peur du changement et sont faciles à acheter. Certains disent que si par hasard Sam Rainsy est élu, il y aura une guerre civile: je pense que c'est vrai mais qu'il n'y a aucune chance qu'il soit réélu. Bref, suivez les informations dimanche soir pour savoir si votre petit reporter est en danger!.... Autre chose: apparemment vous recevez mes photos à l'envers! C'est bizarre car évidemment je les envoie à l'endroit: je vais essayer d'y remédier, mais cela fait peut être partie des mystères de l'orient!.... Bises électorales au goût révolutionnaire, François.

mercredi 24 juillet 2013

Mercredi 24 Juillet 2013. Bonjour les amies et les amis, Troisième épisode en direct de Phnom Penh, où je suis arrivé il y a 6 jours. Pour une fois, je suis venu tout seul, sans Moni ni Pheng, car ils sont occupés avec leurs familles et les travaux qui vont bientôt commencer dans les rizières, et ici je fais la tournée des étudiants khmers qui sont revenus de France. A propos de famille, le fils de Pheng, âgé de 18 mois, a failli se noyer dans une grande mare! Il était chez les beaux-parents de Pheng et il est tombé dans cette mare, tout seul. Quand ils l'ont découvert, il était dans l'eau, inconscient. Pheng l'a mis sur sa moto et l'a amené dans une clinique de Kampot, avec l'enfant toujours inconscient. Heureusement, les médecins ont pu le réanimer: ils l'ont gardé une nuit en surveillance, mais il n'y a pas eu de complications et le lendemain, ils sont rentrés chez eux. Beaucoup de peurs mais pas trop de mal. .... Ici, à Phnom Penh, ma vie est complètement différente. J'ai dormi une nuit chez un premier étudiant, Vuthy. Sa maison est plutôt sommaire mais très grande car ils sont environ 15 à y vivre! Ils m'ont évidemment chouchouté. Et depuis la deuxième nuit, je dors chez un autre étudiant, Bunheng. Et là, je suis encore plus chouchouté! Sa maison, proche du centre de la ville, est en fait un petit immeuble de trois étages, très moderne et très bien aménagé: ma"chambre" occupe le 3ième étage, soit environ .... 100 mètres carrés! Et ils ne sont que 6 à y vivre. Et sa tante est une excellente cuisinière! Toute sa famille est très sympathique: ils sont un peu timides avec moi car ils n'ont pas l'habitude de côtoyer des étrangers et ils ne parlent que khmer (c'est bien, comme ça je progresse). Une autre différence avec ma vie chez Moni et Pheng, c'est qu'ici je ne dépense absolument rien, ils paient tout pour moi, même les sorties (c'est bien, comme ça je fais des économies). Dimanche dernier, je suis allé avec eux dans leur province natale, Kampong Cham, rencontrer les grands parents, et surtout faire la tournée des pagodes (5 ou 6) pour faire des offrandes aux moines: en ce moment, il y a une fête qui marque le début de la saison des pluies et de la période de trois mois pendant laquelle les moines ne sortent pas de leurs pagodes (en théorie du moins). On offre plein de choses aux moines, de toutes sortes (nourriture, boissons, gros bidons d'essence, argent, ...): je pense que ses parents ont dû dépenser plus de 1000 dollars en dons! C'était évidemment très intéressant pour moi de voir ceci, et très sympathique car les moines et les familles étaient contents de ma présence et en même temps très intrigués. Les autres jours: visite de la ville, de leurs écoles (universités et institut de technologie), rencontres avec d'autres étudiants, repas (hier soir, barbecue coréen et soupe coréenne, très bon et très copieux). Aujourd'hui, je vais quand même travailler un peu, en aidant Vuthy (qui prépare une thèse de mathématiques à Toulouse) à comprendre les textes officiels en français sur lesquels il travaille (articles et comptes-rendus présentant des données statistiques). Et pendant ce temps, à Toulouse, un autre étudiant khmer, Sophak, s'est installé chez moi car il a dû libérer sa chambre à l'université: il y reste jusqu'à fin septembre (en septembre, deux autres étudiants viendront aussi habiter chez moi pendant un mois! ). Sophak est un très bon cuisinier ..... Ce mail étant très long, j'en écrirai un autre plus tard pour vous expliquer pourquoi des milliers de personnes défilent tous les jours dans la ville, en immenses cortèges joyeux: vendredi dernier, j'étais au milieu d'environ 1,5 million de personnes, et ravi d'y être (Sam Rainsy, vous connaissez? ). Je vous laisse à votre canicule annuelle, Bises, Sochetra.

jeudi 18 juillet 2013

Jeudi 18 Juillet 2013. Bonjour chères et chers, Deux nouveautés depuis le premier épisode. D'abord, six des étudiants khmers qui étaient à Toulouse cette année scolaire sont venus me voir à Kampot, pour célébrer mon anniversaire. Ils ne sont restés qu'un jour et demi mais ce fut très sympathique et animé. Nous avons loué (ou plutôt, ils ont loué) un minibus de 17 places, dans lequel nous fûmes plus de 20 (familles de Moni et eux), pour aller visiter un site touristique perché sur une petite montagne à côté de Kampot, à environ 1000 mètres de hauteur, en surplomb du littoral et de la belle campagne (Phnom Bokor pour les connaisseurs). Je l'avais visité il y a 6 ans: la piste en terre était très mauvaise, surtout qu'il pleuvait, et au sommet il restait uniquement de grands bâtiments en pierre, construits vers 1960, vides et inutilisés, ayant servi de casino (encore très beau), d'église, de résidence pour la famille royale. C'était très beau, et fantomatique dans la brume permanente (qui empêchait cependant d'admirer le paysage). Et maintenant, c'est .... euh, moderne et kitsch, et ça s'appelle "Paradis Bokor"!. L'avantage, c'est que la route qui y mène est parfaite et que cette fois le temps était dégagé, donc on a pu profiter du splendide panorama. Évidemment, les khmers préfèrent maintenant, les touristes sont nostalgiques et préfèrent les anciennes ruines. En fait, l'état a prévu de construire une ville nouvelle sur cette montagne, démesurée et obligeant à raser beaucoup d'arbres (spécialité du pays, surtout dans les zones protégées, détruisant autant d'écosystèmes). Mais ce fut quand même très sympathique, on a mangé de bonnes glaces au casino, et le panorama était vraiment superbe (pour certains, c'était la première fois qu'ils montaient sur une montagne! ). Et le lendemain, visite des grottes voisines, balades en motos au milieu des rizières: les étudiants khmers étaient de vrais touristes, prenant plein de photos comme si c'était la première fois qu'ils voyaient des rizières. J'ai aussi la confirmation qu'ils sont assez différents de ceux que je fréquente: moi, je connais uniquement des paysans, et eux sont des jeunes de la ville, plus sûrs d'eux, moins timides et plus débrouillards. Mais le fait d'être khmers annulent finalement toutes leurs différences: être khmers est une notion plus forte que d'être français par exemple. L'autre nouveauté: comme j'ai réussi à m'enrhumer sur la montagne (il devrait faire 18 degrés! ), je suis allé voir le médecin du coin. Trois choses à savoir. D'abord, au Cambodge comme dans beaucoup de pays émergents, on estime que 30% des médicaments sont des faux. Ensuite, chaque fois que j'ai pris des médicaments, souvent directement conseillés par des pharmaciens, ils étaient très .... efficaces! Ils les vendent à l'unité, en les plaçant dans des petits sacs en plastique correspondant aux différents prises de la journée, pour 2 ou 3 jours seulement, et ça marche très bien! Dernière chose à savoir: il faut d'emblée avoir confiance ou plutôt décider d'avoir confiance. Le "cabinet" du docteur était une petite cabane en bois, très bordélique et poussiéreuse, ce qui ne l'a pas empêché de me faire deux piqûres dans les fesses (de je ne sais quels produits), après quand même s'être lavé les mains à l'eau de pluie ou de la mare. Bref, rien d'exceptionnel ici, comme dans la majeure partie des pays du monde. Ce que je vois ici, c'est en fait la vie que connaît la grande majorité des humains (et le Cambodge ne fait pas partie des pays les plus rudes), et c'est nous qui sommes une exception sur cette terre. Sur ces propos hautement sociologiques, je retourne à mon hamac et je vous donne rendez-vous pour un prochain épisode, sûrement en direct de Phnom Penh. Bises, François.